09/12/2006

Du chômage, de la colère et des CRS

A sa manière, mon ami Andy Vérol est un tueur. De mots et de maux qu’il balaie d’un simple regard, qu’il scrute et scripte en bourreau averti. Avec lui, pertinence rime avec violence, insolence avec véhémence. Parfois dans un brouhaha informe, souvent dans un à propos étonnant. C’est d’autant plus vrai quand il s’attache à toiser ce qui lui tient à cœur et à cris. Dernier exemple en date : sa chronique de la fermeture des usines Thomé-Génot, dans les Ardennes. Extrait. 

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Les territoires socialement ravagés de mon enfance
La fermeture des usines Thomé-Génot à Nouzonville, dans les Ardennes, est l’illustration parfaite de l’escroquerie intellectuelle, sociale et économique qu’est le capitalisme moderne (Mettez-y du libéralisme si vous voulez, peu importe, c’est exactement la même chose).

Avez-vous entendu parler des Ardennes ?
Oui sans doute, ses forêts, Rimbaud et les braconniers. Mais les Ardennes -ce coin totalement oublié et naufragé qui se dresse en pic au nord de la carte de France- ne sont jamais traitées que pour l’asphyxie économique subie. Les corps d’ouvriers de toutes origines crèvent la dalle. Il ne reste rien.

Une misère infâme...
L’Etat, en réponse à la fermeture et à la colère des ouvriers frappés par l’abandon économique, envoie ses CRS, tabasse ses citoyens de « seconde zone » et distribue quelques pièces par pitié... L’Etat français, la France, l’Europe qui établissent les limites de la lutte. Le désarroi et le dégoût qui broient nombre de travailleurs lynchés par des patrons bornés traduisent l’incapacité des masses actuelles à comprendre que la mort douce/violente est au bout de ces destins.

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"Du chômage, de la colère et des CRS" | Andy Vérol sur E-torpedo.net - Novembre 2006

Voir aussi
Andy Vérol et Hirsute

13:10 Publié dans Ailleurs sur le web, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Hirsute, Andy Vérol, Thomé-Génot

08/12/2006

Ségolène Royal : naissance et fin d’un mythe

Une fois n’est pas coutume, allons droit au but. Je ne vous ai jamais parlé du Benito Report et c’est un tort. Attention : il ne s’agit pas du dernier blockbuster à la mode outre-atlantique, et encore moins des confessions sur le divan de notre «bien aimé» pontife… Non, comme son nom ne l’indique pas, The Benito Report est un blog qui croque et décortique la vie politique française. Avec un regard, un ton et un style des plus acerbes qui me plaisent au moins tout autant que les désaccords de fond que j’ai avec ses différentes plumes. Parmi elles justement, un certain Cycéron chronique régulièrement, et en audio s’il vous plait, les turpitudes de notre chère cité.
 

Vidéo envoyée par BenitoReport sur wat.tv


Intitulée « Sacrée Ségo », la dernière en date et ci-dessus met l’accent sur la symbolique mise à pied d’œuvre par la Dame du Poitou pour ravir l’Elysée et le cœur de Français. La chose est indéniable mais, non tantum sed etiam, mérite discussion. En voici le fruit qui, après ma tentative de déconstruction de la royale démagogie il y a 6 mois, décrypte la naissance d’un petit mythe en même temps qu’il en annonce la fin tragique.

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21:35 Publié dans Ailleurs sur le web, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Politique, Election présidentielle, Bénito report

29/11/2006

Who's that girl ?

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medium_3w05012007.gifJe vous vois venir avec vos apparats cousus de fil blanc... Beaux comme des camions mais gros comme une maison. Mieux, j'entends déjà vos gros sabots faire gna-gna-ni gna-gna-na en loocedé : "Pff, facile, racculeur et tellement téléphoné". Mais au risque de vous décevoir et de vous étouffer de travers, vous faites fausse route. Non, je n'ai pas cédé à la tentation d'égrener des mots clés ronds comme des ballons, plein comme des nichons. Non, je ne souhaite pas attirer davantage de libidineux que ceux qui font déjà flores ici (cf Souviens toi l'été dernier). Non, enfin, je n'ai pas touché d'un iota la ligne éditoriale de l'endroit. Mais alors, de quoi s'agit-il ? Que signifie cet inventaire à la pervers ? Quid, urbi et orbi, in nominem stupre et cul-cul santi ?

J'arrive ! Je vais, je viens, je vais et je viens.

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14:25 Publié dans Mon petit doigt m'a dit, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Catherine Médicis, Election présidentielle, Marketing éditorial

18/11/2006

Souviens toi, l’été dernier

C’était au début du mois de juin, le 3 pour être précis. Sous le titre « Ségolène ou la royale démagogie », je m’en prenais au discours populiste et droitier de celle qui, à l’époque, était encore candidate à l’investiture PS. En cause ? La première d’une longue série de communications hasardeuses, hors-programme et surtout totalement ineptes de Mme Royal, aujourd’hui officiellement investie pour la course à l’Elysée. En l’occurrence et augurant de ses scories calamiteuses sur la carte scolaire, le nucléaire iranien, les « 35 heures au collège » (sic) ou l’entrée de la Turquie dans l’UE,… l’encadrement militaire des gamins en difficulté. Le tout, décrypté, commenté, critiqué, discuté et/ou soutenu au gré de nombreux échanges et commentaires avec l’auteur d’Impertinences, un blog trouvé par hasard, et avec les visiteurs de ce blog.

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22:35 Publié dans Ailleurs sur le web, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Politique, Election présidentielle

10/11/2006

Second life : la grande illusion

« Notre siècle n’est ni spirituel ni religieux ni mystique. Il est communicant et névrosé, poreux aux mythologies et àmedium_second_petit.gif l’inconscient collectifs. Forcément spectaculaire et donc marchand… ». Le mois dernier, je tentais d’évoquer la façon dont les marques ont repris le mythe d’un monde meilleur et façonné la promesse d’un bonheur instantané pour nous vendre leur pure soupe marchande. Aujourd’hui et pour illustrer le propos, je vais m’attarder sur un exemple emblématique de ce glissement progressif vers le chéquier : Second Life. Prononcez et répétez après moi : ceu gonde lailleufeu. Soyez attentifs car tout le monde n’a plus que ces deux mots-là à la bouche.

Tout le monde, vraiment ? Non, pas tout a fait. Pourtant, cet énième avatar du « Web 2.0 » est déjà un phénomène : la blogosphère y a consacré près de 3.5 millions de billets et le web dit « traditionnel », médias y compris, plus de 500 millions de pages dans le monde. Surtout, la chose a déjà attiré plus d’1.3 millions d’internautes en 3 ans et le chiffre ne cesse de grandir. Après iou tiube, maille cpèceuh, les air hécesse, beuloges et autres pots de caste, voici donc un nouveau venu dans le monde merveilleux du ouaibe… Mais qu’en est-il vraiment ? De quoi s’agit-il ?

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18:05 Publié dans Ailleurs sur le web, Mon petit doigt m'a dit, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Second Life, Web 2.0, Communication, Marketing

19/10/2006

Le monde de demain

Les religions nous promettaient déjà une vie après la mort. Une vie forcément plus heureuse, plus libre et plus riche que notre bonne vieille vie de terriens. Une vie dont l’horizon annoncé devait, à coup sur et à coup d’axiomes théologiques, amenuiser nos capacités de résistance à l’oppression sociale et symbolique. Une vie dont la promesse incertaine, mais soigneusement assénée durant des siècles, a posé les fondements de nos sociétés médiévales, monarchiques et capitalistiques. Progrès de la science, perte des repères ou tout simplement victoire de l’individualisme comme paradigme et creuset dissolvant de nos sociétés libérales, la promesse commence sérieusement à faire long feu. Une faillite que d’aucuns tentent depuis quelques années de sauver à des fins terroristes, mafieuses ou politiques, c’est idem… Mais qui demeure un échec.

Car ce qui nous intéresse et nous motive aujourd’hui, ce n’est plus l’éventualité d’un bonheur ultime, invérifié et par définition invérifiable. Non, c’est bien le présent, l’immédiat et l’instantané, promptement sommés de nous rassurer et de nous divertir au quotidien.

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15:00 Publié dans Mon petit doigt m'a dit, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Guy Debord, Roland Barthes, Communication, Société du spectacle, Consumérisme, Religion, Marketing

07/07/2006

La vie « politique » de Catherine M.

medium_medicis_.jpgSi je vous dis « 15 euros TTC », vous me dites… Le titre du dernier Beigbeder ? Le panier de la ménagère sous seuil de pauvreté ? Le total des sommes noircies par Clearstream ? Non, vous n’y êtes pas du tout. Quinze euros toutes taxes comprises, c’est peu ou prou le prix du bonheur fixé par Catherine Médicis. Oui, vous avez bien lu : Catherine Médicis, sans particule ni huguenots. Un(e) homonyme Catherine version light en somme, qui paraphe la quatrième de couv’ de son pamphlet On efface tout et on recommence d’un péremptoire et publicitaire « Le droit au bonheur ne se décrète pas : il se prend ». 15 euros pour s’emparer du droit au bonheur, donc, et alimenter la case droit d’auteur de la déclaration de revenus de l’intéressé(e). Pourquoi pas.

Mais qui donc est cet(te) Catherine Médicis qui, d’un coup d’un seul, s’arroge l’exclusivité du droit à la félicité ? Quelle est donc cet(te) autre Catherine M, dont la vie sexuelle n’intéresse personne mais qui propose de « tout recommencer » ? Bien sûr, on goûte avec allant l’homonyme pseudonymie départicularisée tout autant que l’allusion au louvoiement multipartite et/ou multi-partenaires. Pour autant, l’interrogation demeure, qui agite les forums et autres blogs depuis plusieurs mois, plus de 20 000 pages googlisées tout de même. Et qui court encore, de temps à autres, les médias dits traditionnels. Forcément : on connaissait la régente et voici venir l’indigent(e). On glosait sur l’insolente, voila qu’arrive l’impertinente. Ou presque...

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18:45 Publié dans Mon petit doigt m'a dit, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Catherine Médicis, Election présidentielle

01/07/2006

Le beau Serge s’en est allé

C’était le 30 juin dernier. Serge July signait sa dernière tribune dans le quotidien qu’il a cofondé avec Jean-Paul Sartre en 1973. Sous le titre « Pourquoi je quitte Libération », l’homme Serge, étalé de toute sa hauteur en une du quotidien, délivrait en filigrane son amertume et ses regrets de laisser un navire qu’il a dirigé pendant 33 ans, mon âge aujourd’hui. Sous ce même titre, feu le patron de presse July présentait sa sortie comme condition de la survie du journal, de son journal. Et d’expliquer, à défaut de motiver, les raisons de ce départ, soit un « désaccord de fond » avec Edouard de Rothschild, actionnaire de référence, sur la recapitalisation de Libé.

Et l’homme tout autant que le patron de presse d’évoquer la crise que traverse la presse généraliste, la « révolution numérique », les économies et restructurations réalisées… Avant d’exposer sa vision d’une sortie de crise : de nouveaux investissements pour de nouveaux projets bénéficiaires (rachats, développement de magazines et web-radios, déclinaison du support papier, …), l’ouverture à de nouveaux partenaires industriels, etc. Vision et sortie de crise réfutées par le vrai taulier des lieux : Edouard de Rothschild, qui a gentiment abattu ses cartes et July par la même occasion...

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13:25 Publié dans Mon petit doigt m'a dit, Se souvenir des belles choses, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Serge July, Libération, Presse, Médias, Communication

03/06/2006

Ségolène ou la royale démagogie

Par hasard et comme souvent, je viens de tomber sur un blog qui a suscité intérêt et réaction. Impertinences, c'est son nom, évoque dans un post d'aujourd'hui les récentes issues de Ségolène Royal, candidate déclarée à la candidature PS à l'élection présidentielle. Fervent adepte des joutes rhétoriques et pour le moins interloqué par le post en question, je n'ai pas manqué de réagir et de commenter. Tout en proposant à l'auteur de poursuivre nos échanges ici même ou sur son blog impertinent.  

Petit débat entre amis...

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09:05 Publié dans Ailleurs sur le web, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Politique, Election présidentielle

23/05/2006

Stygmates d'une xénophobie ordinaire

Chargé de veille. Auditeur multimédia. Chargé d'écoute...

De bien jolis mots pour désigner un authentique boulot de grouillot. 6h30 - 14h00 : presque huit heures passées à surveiller radio et TV pour le compte d'entreprises et autres ministères. NON STOP. Huit heures passées à rédiger Temps Réel des synthèses d'actus d'après les matinales et autres "douze - quatorze" de la presse généraliste. Info d'un côté, Europe de l'autre et la 4 en prime, pour rigoler. Le tout, en même temps, bien sûr et taylorisme oblige. Le tout, au SMIC, bien sûr en jetenculisme oblige. Boulot de grouillot, que j'ai tenu 6 mois. Il y a 10 ans.

BAC+3 minimum, esprit de synthèse, excellentes capacités rédactionnelles, bonne culture générale, curiosité intellectuelle, goût pour l'information, très bonne orthographe et vitesse de frappe exigées.

De cette époque, je garde une piètre image de la plupart des journaleux de Desk. Telex AFP et pompage in extenso, à la seconde-mot-conducteur près obligent. Sans réfléchir. Ni analyser. Ni mettre en perspective. Ni penser, encore moins donner à penser. De cette époque, je garde surtout et par chance une sérieuse méfiance face à ce qui nous est donné comme information(s). Face à ce qui nous est offert comme supposément une transcription du réel, du fait crucial au divers....

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12:00 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Actualités, journalisme, xénophobie, sémantique

17/05/2006

Days of being wild





C’était en 1981, un soir de mai. J’avais tout juste 8 ans mais je dois dire que le souvenir est resté là, intact. Très présent quoique relativement insignifiant, à l’époque. Sans autre sens réel ou réellement vécu que celui de mots comme « victoire » ou « on a gagné »… On, qui ça on ?

Dix neuf heures : la nouvelle frémissait déjà dans les cercles familiaux, sonnant le glas d’une époque. En annonçant une autre, supposée plus épanouie, sûre et libre. Un peu partout autour de moi, une forme assez incongrue de joie naturelle s’était répandue. Collective et limite hystérique. Téléphonique.

Plus de vingt ans qu’on attendait ça alors…On, qui ça on ? Aucune idée...

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21:15 Publié dans Ailleurs sur le web, Se souvenir des belles choses, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Mitterrand, Ina

12/05/2006

La causerie des lilas...

…on sait bien aujourd'hui que le capital économique ou scolaire ne suffit pas.

Je ne parle même pas de discrimination au faciès ou au patronyme mais des règles qu'il faut manier avec tant d'habileté pour pénétrer ces prébendes qui bouffent chaque jour un peu plus la sphère travail. Règles qui sont une véritable barrière à l'entrée pour qui ne les possède pas.

Et une barrière ardemment défendue par ceux qui se trouvent en dedans. Tout aussi ardemment reproduite et renforcée par l'école. Dont la conception soi disant républicaine est une connerie de mauvaise augure. Considérer les élèves comme égaux à l'entrée de l'école et les traiter à l'identique est peut être une intention louable.

Mais surtout une pure hérésie qui fabrique à la chaîne de l'échec scolaire. Et toutes les conséquences qu'on lui connaît....

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21:20 Publié dans Ailleurs sur le web, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bourdieu, éducation, sociologie

11/04/2006

758 mots pour 100 papiers

Le 29 mars dernier, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, présentait en Conseil des ministres son deuxième projet de loi sur l'immigration. Après une première issue post-21 avril en 2003, le locataire de Beauveau s'empresse donc d'occuper le terrain migratoire à quelques mois de la prochaine échéance présidentielle. Soit deux sorties au sein d'une même législature, une première en France depuis la loi de 74...

Sur le plan médiatique, l'affichage est clair : "promouvoir une immigration choisie". Sur le plan électoral, la chose l'est tout autant : "séduire les électeurs du Front National". Evidemment, je cite les propos du N° 2 du gouvernement. Evidemment, se trame derrière ce raffut xénophobe aux allents vichyssois un destin et des velleités que j'espère limitées au seul département des Hauts de Seine (et encore, les pauvres). Mais pire encore : un durcissement intolérable de situations déjà difficiles. 

Cette actualité m'a ramené à un "brulot" que j'ai écrit en 2001. Rétrospectivement, j'aime beaucoup cette phrase, vers la fin : "Qu’on arrête donc, de véhiculer cette ineptie selon laquelle ces pauvres gens sont des 'sans-papiers'. Qu’on dise plutôt qu’ils sont les enjeux de slogans de campagnes électorales et de gouvernements clientélistes." Marrant car je l'avais complètement oubliée. Sachant ce que l'on sait aujourd'hui, je m'accorde un satisfecit pro domo. Une fois n'est pas coutume !

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Voici donc 758 mots pour 100 papiers.

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13:25 Publié dans Se souvenir des belles choses, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sémantique, Journalisme, Sans-papiers, Immigration, Sarkozy

30/03/2006

Je vous ai compris !

Embourbé dans une fin de règne plus proche de l'éclispe que du Zénith, perclu jusqu'ici dans son nid d'aigle élyséen, Jacques Chirac prendra finalement tribune télévisuelle ce vendredi 31 mars. Pour camper sa position d'ex-président(iable) face à la grogne rugissante du pays, d'une part. Lequel ne veut pas - et le clame haut et fort - de l'ineptie contractuelle de son dauphin de Villepin, j'ai nommé le CPE. Pour arbitrer, d'autre part, surtout et par delà la mélée, les démélés vélléitaires des deux candidats à sa succession en 2007. Objectif : sauver l'un, le tétu dauphin, sans renoncer ni perdre l'autre, le CPE tout autant que la face. Tout en mettant à mal le roquet de la place Beauveau, naturellement.

Une tribune télévisuelle - dont le président, peu coutumier, n'est pas friand - programmée de longue date au lendemain de l'absence prévue de censure du Conseil Consitutionnel. Le jour même où il aura sans doute promu la "Loi pour l'inégalité des chances"... euh, "Loi pour l'égalité des chances" (décidémment, les lapsus sont à la fête en ce moment). Un double passage en force donc, après le 49.3 et l'autisme névrotique de son gouvernement. Le grand corrézien a beau promettre un "Grenelle social", un "grand soir de la négociation", personne n'est dupe. Ni de la manoeuvre ni de l'allusion à l'héritage duquel se réclame le Président de la République.

La manoeuvre ne trompe personne. L'héritage lui, tout aussi pompidolien que gaullien, tombe à plat pour celui qui n'a jamais réussi à l'incarner, à l'atteindre, à le représenter ne serait-ce qu'une seconde. Héritage donc, et allusion sans nuance à 68. Mais c'est une grossière erreur de casting : ni la même époque, ni les mêmes gens et encore moins les mêmes raisins de la colère. Pourtant, il y a fort à parier que le Président nous la (re)joue, d'un air grave et empreinté, façon 4 juin 1958. Sur le mode "Je vous ai compris"... "mais je n'en ai rien à foutre et je vous encule", cette dernière phrase étant la nouveauté 2006, summum de 9 ans passés à la tête de l'exécutif.

Vive la France... et vive la République.

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Ministre au bord de la crise de nerfs
Précarité bien ordonnée commence par soi même

20:35 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : CPE, Politique, Jacques Chirac

28/03/2006

Ministre au bord de la crise de nerfs

19:15 Publié dans Mon petit doigt m'a dit, Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Villepin, CPE, Politique

Précarité bien ordonnée commence par soi même

Lettre ouverte à Dominique de Villepin...

13:08 Publié dans Mon petit doigt m'a dit, Musique, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note

24/03/2006

Villepin, première victime du CPE

Neuf mois et trois semaines après sa nommination à Matignon, Dominique de Villepin a été démis de ses fonctions. Le Président de la République, confronté à la fronde sociale grandissante des étudiants et syndicats de salariés, a souhaité infléchir la politique du gouvernement et envoyer un signe d'apaisement "aux forces vives de la Nation". Jacques Chirac se sépare donc de son lieutenant, à quelques mois de la présidentielle, et devrait nommer son successeur dans la journée.

Enarque au brillant passé de diplomate, Dominique de Villepin a tour à tour été directeur de cabinet d'Alain Juppé, secrétaire général de l'Elysée et ministre des Affaires Etrangères avant d'investir Matignon le 31 mai 2005. Son licenciement, avant le terme d'une période d'essai fixée à deux ans, constitue la première rupture de Contrat Première Embauche (CPE) de la Vème République. Rappelons que le CPE, créé par l'ex Premier ministre lui-même, permet à un patron de se séparer de son employé sans justification aucune pendant une période de 24 mois.

Censé associer insertion professionnelle et flexibilité de l'emploi, le CPE n'aura jamais connu le succès escompté.

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Ah, fiction quand tu nous tiens...

Et si nous, la plèbe, le bas peuple, adoptions ce contrat en décidant de l'élargir à la sphère politique et notamment gouvernementale ? Dans ce cas, la flexibilité n'aurait pas que des inconvénients, non ?

10:05 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Villepin, CPE, Politique

22/03/2006

Parti socialiste : un projet à 1 500 € pour 2007

Amnésie politique et sociétale aidant (ou n'aidant pas, c'est selon), la fine fleur des édiles de notre pays s'étripe aujourd'hui autour des mêmes questions. CPE, droit d'auteur, fusions industrielles et capitalistiques, grippe aviaire, dépistage "prédictif de la délinquance" et autres sujets chauds mobilisent les esprits et le champs médiatique.

En soi, rien d'alarmant puisque ces thèmes touchent notre vie quotidienne et ne sont pas exempts de conséquences sur l'avenir. Pourtant, à seulement quelques mois de l'échéance présidentielle, tout ceci manque un peu de recul et de vision à mon goût. Formulé autrement et sachant les contestations populaires et printanières qui font trébucher le gouvernement (dont on connait les tennants et aboutissants), on peut se demander quelle réplique prépare l'opposition.

C'est précisément la question que je me suis posée ce matin. Pour tenter de distinguer, par delà la contestation de posture ou légitimement argumentée, le projet que nous prépare la gauche. Et au sein de cette gauche, le parti le plus à même d'incarner pragmatiquement l'alternance : le PS. En clair : que nous propose le Parti Socialiste pour les 5 années à venir ? Quelles mesures concrètes nous réservent les Ségolène, François, Dominique, Laurent et autres... Lionel ?

Si pour ce dernier la chose parait difficile à savoir, le site du parti qui voit la vie en rose est riche d'enseignements pour les velleités des premiers - premiers étant entendu chronologiquement et non dans l'ordre des couteaux au sein duquel tous rivalisent d'ardeur pour le rang de second(s) -. Sur le site du PS donc, on découvre différents documents rassemblés au sein d'une rubrique appellée "Commission nationale du projet". C'est bel et bien ici que ça se passe.

Par curiosité et avec l'avide intérêt qu'on me connaît pour la chose politique, je me jette sur l'item "Le plein emploi, le bon emploi". Diable que la chose semble optimiste et volontaire : le plein emploi, rien que ça ! Le terme me rappelle quelques cours d'économie et attise ma langueur. Je parcours donc les quelques pages de ce qui fait office de projet économique à la recherche de points clés. Làs, je trouve beaucoup de voeux pieux servis par des formules comme "encourager", "faciliter" ou "développer". Et pas une seule mesure concrète. Enfin si, une seule : porter le smic à 1 500 € en 5 ans.

Pas mal mais peut mieux faire. Beaucoup mieux faire s'agissant de ce qui est censé constituer le fruit de groupes de travail et surtout, le squelette économique éventuel des 5 années à venir.

Si cet unique point constitue l'essentiel du projet socialiste pour la prochaine législature, l'inquiétude et le scepticisme ont encore de beaux jours devants eux parmi ceux qui espèrent et attendent autre chose qu'un DDV ou NS au pouvoir...

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En savoir plus
La commission nationale du projet sur le site du PS

13:20 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Parti socialiste, Election présidentielle

"Tu bouges, t'es mort"...

Si les images, mêmes animées, sont parfois trompeuses, les mots en disent souvent long sur les motiviations de ce(ux) qui les profèrent. En l'occurrence et sans empiéter sur les champs de Jung & Freud réunis, les 4 syllabes prononcées par ce policier lors d'une arrestation, ce samedi 18 mars, sont assez symptomatiques. "Tu bouges, t'es mort"... (1'50 s).

Bien sur, il s'agit d'une expression dite dans "le feu de l'action". Action sans doute modérée, d'ailleurs, par la présence des caméras et de passants, à proximité immédiate. Pourtant et rapprochée de ce qui s'est passé cette même journée du 18 mars, cette expression pourrait bien prendre les allures d'un acte manqué. Et révèle à mon sens, l'extrême tension qui agite les matraques de nos forces de l'ordre.

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Vidéo
Extrait du JT de France 3 du 19 mars

12:55 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Cyril Ferez, CPE, Politique, Police, Répression

Un verre ça va, deux verres : bonjour le coma...

Ils sont trois. Casqués, bottés, en uniforme. Regards en plongée, ils s'affèrent. Au chevet d'un homme à terre, allongé. Autour, quelques personnes rassemblées observent la scène. C'est la nuit, samedi 22 mars, et trois pompiers se penchent sur le cas de Cyril Ferez, visiblement inerte. C'est la nuit et c'est en "une" du Libé d'hier, qui titrait "La bavure de la nation".

Comme souvent, le quotidien témoigne de son sens de l'image et surtout de la titraille choc et bien vue. Un titre prématuré diront certains, qui glosent sur l'enquête dont seuls les résultats permettraient de « faire toute la lumière sur cette affaire ». Considérant sans doute pour acquis que le syndicaliste ne parlera plus. Ni pour infirmer ni pour confirmer les conclusions de l'IGS ou les témoignages contradictoires. Indécent et scandaleux.

A ceux-là même qui procèdent ante mortem (gouvernement, syndicats de policiers,…), j’objecte que « La bavure de la Nation » est un titre juste. A poings nommés. Et pas seulement une figure de style qui manie habilement les deux acceptions de « Nation », place publique et Etat du même nom. Un titre juste qui certes anticipe la chronologie avérée des faits. Mais fustige dans le même temps et peut-être sans le vouloir la non assistance à personne en danger et le discrédit organisé que l’Etat, via ses héraults, tente d’apposer à Cyril Ferez. 

« Etat éthylique avancé », « en état d’ébriété », … Dans la bouche des porte-parole de pompiers ou de syndicats de police, ces expressions reviennent comme en boucle. Au moins trois fois dans le discours. Mieux, le secrétaire national du Syndicat Alliance parle d’un état « proche du coma éthylique ». Indécente et scandaleuse (Bis) allusion. Indécente et scandaleuse (Ter), cette tentative orchestrée de glissement sémantique d’une bavure vers ce qu’on peut sans scrupule résumer comme un « Boire ou survivre, il faut choisir ».

« Boire ou survivre, il faut choisir » semble être devenue la nouvelle maxime de ces gens. Pour qui le fait d’être saoul, ivre, bourré, peu importe le nom, efface d’un coup de baguette magique les coups portés et donc reçus. Pourtant, les coups, leurs traces et séquelles attendus par les médecins sont bel et bien là. Que ces coups aient été portés par des policiers ou gendarmes reste à prouver. Et seul Cyril Ferez, espérons le, pourra le dire.

Reste que cette attitude et cette posture de déni de vie et de défaussement à priori de responsabilités donnent la nausée. En ce sens, l’attitude du gouvernement, et donc d’une certaine Nation, est assurément une bavure.

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Mauvais Karma pour un Coma

10:20 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cyril Ferez, CPE, Politique, Police

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