22/03/2006
"Tu bouges, t'es mort"...
Bien sur, il s'agit d'une expression dite dans "le feu de l'action". Action sans doute modérée, d'ailleurs, par la présence des caméras et de passants, à proximité immédiate. Pourtant et rapprochée de ce qui s'est passé cette même journée du 18 mars, cette expression pourrait bien prendre les allures d'un acte manqué. Et révèle à mon sens, l'extrême tension qui agite les matraques de nos forces de l'ordre.
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Extrait du JT de France 3 du 19 mars
12:55 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Cyril Ferez, CPE, Politique, Police, Répression
Un verre ça va, deux verres : bonjour le coma...
Ils sont trois. Casqués, bottés, en uniforme. Regards en plongée, ils s'affèrent. Au chevet d'un homme à terre, allongé. Autour, quelques personnes rassemblées observent la scène. C'est la nuit, samedi 22 mars, et trois pompiers se penchent sur le cas de Cyril Ferez, visiblement inerte. C'est la nuit et c'est en "une" du Libé d'hier, qui titrait "La bavure de la nation".
Comme souvent, le quotidien témoigne de son sens de l'image et surtout de la titraille choc et bien vue. Un titre prématuré diront certains, qui glosent sur l'enquête dont seuls les résultats permettraient de « faire toute la lumière sur cette affaire ». Considérant sans doute pour acquis que le syndicaliste ne parlera plus. Ni pour infirmer ni pour confirmer les conclusions de l'IGS ou les témoignages contradictoires. Indécent et scandaleux.
A ceux-là même qui procèdent ante mortem (gouvernement, syndicats de policiers,…), j’objecte que « La bavure de la Nation » est un titre juste. A poings nommés. Et pas seulement une figure de style qui manie habilement les deux acceptions de « Nation », place publique et Etat du même nom. Un titre juste qui certes anticipe la chronologie avérée des faits. Mais fustige dans le même temps et peut-être sans le vouloir la non assistance à personne en danger et le discrédit organisé que l’Etat, via ses héraults, tente d’apposer à Cyril Ferez.
« Etat éthylique avancé », « en état d’ébriété », … Dans la bouche des porte-parole de pompiers ou de syndicats de police, ces expressions reviennent comme en boucle. Au moins trois fois dans le discours. Mieux, le secrétaire national du Syndicat Alliance parle d’un état « proche du coma éthylique ». Indécente et scandaleuse (Bis) allusion. Indécente et scandaleuse (Ter), cette tentative orchestrée de glissement sémantique d’une bavure vers ce qu’on peut sans scrupule résumer comme un « Boire ou survivre, il faut choisir ».
« Boire ou survivre, il faut choisir » semble être devenue la nouvelle maxime de ces gens. Pour qui le fait d’être saoul, ivre, bourré, peu importe le nom, efface d’un coup de baguette magique les coups portés et donc reçus. Pourtant, les coups, leurs traces et séquelles attendus par les médecins sont bel et bien là. Que ces coups aient été portés par des policiers ou gendarmes reste à prouver. Et seul Cyril Ferez, espérons le, pourra le dire.
Reste que cette attitude et cette posture de déni de vie et de défaussement à priori de responsabilités donnent la nausée. En ce sens, l’attitude du gouvernement, et donc d’une certaine Nation, est assurément une bavure.
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Mauvais Karma pour un Coma
10:20 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cyril Ferez, CPE, Politique, Police
21/03/2006
Mauvais Karma pour un Coma
Mais qui nous protège de la police ?
Tout droit sortie du premier long métrage de Kassovitz, cette question m'est revenue en pleine tête, hier soir, en apprenant le coma d'un syndicaliste tombé aux mains des CRS et gardes mobiles. C'était à la Nation, ce samedi 18 mars, lors de la manifestation anti-CPE.
D'après les témoignages, le gars était assis face aux policiers. Assis, avant qu'ils ne chargent. Avant de se retrouver par terre, étendu, la tête en sang et le visage tuméfié, piétiné. Posé et laissé là, tel quel. Ce sont les manifestants qui ont appelé les secours, les forces de l'ordre ayant visiblement mieux à faire.
Depuis, le jeune syndicaliste est entre la vie et la mort, une enquête de l'IGS a été diligentée et le ministre de l'Intérieur semble avoir quitté le terrain médiatique. Lui qui, d'habitude, se rue sur le premier micro venu... est aux abonnés absents.
Sans doute file-t-il un mauvais coton ? Sans doute l'ombre de Malik Oussékine lui donne-t-il un mauvais karma à l'heure ou Cyril Ferez, c'est son nom, est dans le coma ?
Mr le ministre, le temps est venu pour vous d'appliquer les méthodes viriles dont vous vous targuez. Mais en commençant par vos troupes cette fois. Soit, un bon nettoyage au "Karscher" des "racailles" qui peuplent parfois vos rangs.
09:30 Publié dans Sur le vif !, Vie de la cité |Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cyril Ferez, CPE, Politique







