12/03/2006

Modulor mon amour

Bon, je vais de nouveau faire simple et efficace. Il est 21h37, j'ai longuement et non sans plaisir digéré mes filets de saumon sur leur lit de poireaux mitonnés à la sauce Fred (cf hier). Résultat : j'ai encore faim. Soyons une fois de plus honnêtes : pérorer ici même sur les vertus du béton armé dans l'avènement de l'architecture moderne, la conception de l'espace intérieur qui détermine les volumes extérieurs, l'anthropologie appliquée du modulor ou la forme honteuse des bessicles de Corbu... ne rivalise pas une seule seconde avec les mirifiques hamburgers Fred'style que je m'apprête à préparer.

Et dont voici la recette :

  • saisir 4 bons steacks bien saignants dans le beurre pur jus, saler, poivrer
  • faire griller 2 pains spéciaux hamburgers extra XXL (avec tout plein de sésame dessus)
  • y apposer une large couche de mayo, côté face, et une toute aussi large couche de Kate Shup côté pile
  • réserver les steacks par devers vous, leur parler gentil (quelques mots doux suffisent)
  • les déposer ensuite sur les pains spéciaux, en y ajoutant du fromage fondu (1 tranche dessous et au dessus des steacks)
  • éviter, naturellement, toute référence à la vache qui rit qui risquerait de mettre mal à l'aise les steacks
  • saupoudrer allègrement de mayo et de Tatie Kate (Shup) entre chaque couche
  • déposez suavement quelques oignons grillés (prononcer oie-gnons) et cornichons sauce paysan
  • ouvrir grand la bouche, faire aahhhhh (dire 33 le cas échéant), et enfourner le tout thermostat 8
  • vociférer à qui veut l'entendre "C'est prêt" et baffrer tout de go comme un porc
  • surtout, ne pas oublier de faire "gruik gruik" en avalant le tout comme un bon goret
  • voila, c'est fini.
Pour le reste et une fois digéré ces dons du ciel, se repentir en prononçant 4 avé maria, trois pater noster.

Surtout, jeter un oeil hagard et bovin (normal, après la gabegie de bovidé) aux photos de la Villa Savoye.

Par moi et Mlle O.

09/03/2006

Ch. Perriand, profession architecte

Prénom : Charlotte.
Profession : architecte et designer.
Signe particulier : femme éminemment moderne.

Charlotte Perriand. Son nom ne vous dit peut-être rien tant il semble avoir été gommé par la postérité des Prouvé, Perret et Jeanneret, Corbu au premier chef. Oubliée des bouquins d'archi et monographies sur le design, ce petit bout de femme sportive et souriante comme une gamine a pourtant pondu, conçu ou contribué à concevoir bon nombre de tueries.

Des exemples ? Une chaise longue et un fauteuil qu'on attribue souvent à Corbu seul, des chaises tournantes, des tabourets, des meubles hallucinants. Surtout, une vision volontaire et assumée de l'aménagement intérieur : la cuisine bar dite américaine, le découpage des surfaces et volumes en briques modulables, des cuisines et sdb clés en mains, la "cellule" de 13m2 par personne, les Arcs, etc.

Bien sur, on retrouve l'esprit et les thèmes du Corbusier et cousin avec qui elle collabora. Mais plus que ça. En parcourant l'expo que lui consacre Beaubourg, on se sent tout de suite bien. En terrain pas vraiment familier mais dont on aimerait qu'il le devienne. Terrain qui n'est pas sans rappeler la Villa La Roche, notamment et normal, mais qui parait tellement moderne... et tellement (outrageusement) pompé par les salonistes nordiques à bas prix...

C'est à Beaubourg et à ne louper sous aucun prétexte.
Jusqu'au 10 avril.