09/12/2006

Du chômage, de la colère et des CRS

A sa manière, mon ami Andy Vérol est un tueur. De mots et de maux qu’il balaie d’un simple regard, qu’il scrute et scripte en bourreau averti. Avec lui, pertinence rime avec violence, insolence avec véhémence. Parfois dans un brouhaha informe, souvent dans un à propos étonnant. C’est d’autant plus vrai quand il s’attache à toiser ce qui lui tient à cœur et à cris. Dernier exemple en date : sa chronique de la fermeture des usines Thomé-Génot, dans les Ardennes. Extrait. 

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Les territoires socialement ravagés de mon enfance
La fermeture des usines Thomé-Génot à Nouzonville, dans les Ardennes, est l’illustration parfaite de l’escroquerie intellectuelle, sociale et économique qu’est le capitalisme moderne (Mettez-y du libéralisme si vous voulez, peu importe, c’est exactement la même chose).

Avez-vous entendu parler des Ardennes ?
Oui sans doute, ses forêts, Rimbaud et les braconniers. Mais les Ardennes -ce coin totalement oublié et naufragé qui se dresse en pic au nord de la carte de France- ne sont jamais traitées que pour l’asphyxie économique subie. Les corps d’ouvriers de toutes origines crèvent la dalle. Il ne reste rien.

Une misère infâme...
L’Etat, en réponse à la fermeture et à la colère des ouvriers frappés par l’abandon économique, envoie ses CRS, tabasse ses citoyens de « seconde zone » et distribue quelques pièces par pitié... L’Etat français, la France, l’Europe qui établissent les limites de la lutte. Le désarroi et le dégoût qui broient nombre de travailleurs lynchés par des patrons bornés traduisent l’incapacité des masses actuelles à comprendre que la mort douce/violente est au bout de ces destins.

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"Du chômage, de la colère et des CRS" | Andy Vérol sur E-torpedo.net - Novembre 2006

Voir aussi
Andy Vérol et Hirsute